To Éric

La route chante,
Quand je m’en vais.
Je fais trois pas,
La route se tait.

La route est noire,
À perte de vue.
Je fais trois pas,
La route n’est plus.

Sur la marée haute,
Je suis monté.
La tete est pleine,
Mais le coeur n’a pas assez.
Sur la marée haute,
Je suis monté.
La tete est pleine,
Mais le coeur n’a pas assez.

Mains de dentelle,
Figure de bois,
Le corps en brique,
Les yeux qui piquent.

Mains de dentelle,
Figure de bois.
Je fais trois pas
Et tu es là.

Sur la marée haute,
Je suis monté.
la tete est pleine,
Mais le coeur n’a pas assez.
Sur la marée haute,
Je suis monté.
la tete est pleine,
Mais le coeur n’a pas assez.


Lhasa, la Marée haute, the Living Road, 2003

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Diluée

Eau de fleur d’oranger diluée dans le café
vais-je ainsi apaiser
ma soif de trouver le sommeil

Je m’éléphante à défaut d’enfante-Roi
et me noie dans le noir du grain que je broie
Enfante-moi ? Toi-même !

Tourne donc le dos à ceux qui te happent
Noie le poison dans l’eau de fleur d’oranger
Propose un sacré-seulée, on te reprochera d’avoir été acide avant d’avoir été amère

Évide écaille
fais des ronds, tourne en rond
dans l’eau de fleur dérangée
acéré le grain, torréfié, fendu par l’une ou l’autre de ces entrailles
la carapace ne convainc que l’affable attablé affamé assoiffé d’engeance
liquéfiée.

(mars 2016)

Peine à commencer

Déposé sur le bord d’une route,
copain transparent
Tu t’imposais à la vue, repoussant d’originalité
Engoncé dans un corps, dont seuls de longs cheveux gras ressortaient
te recouvrais de vêtements de femme, vêtements de seconde vie, alors que la première commence à peine

Toi, larve
qui ne sortais pas de ce cocon tant exécré
Larve-toi, ni-homme, ni-papillon
Je t’ai déposé sur le bord d’une route
tu m’emcombrais de ton étologie subie.

(2016)