Diluée

Eau de fleur d’oranger diluée dans le café
vais-je ainsi apaiser
ma soif de trouver le sommeil

Je m’éléphante à défaut d’enfante-Roi
et me noie dans le noir du grain que je broie
Enfante-moi ? Toi-même !

Tourne donc le dos à ceux qui te happent
Noie le poison dans l’eau de fleur d’oranger
Propose un sacré-seulée, on te reprochera d’avoir été acide avant d’avoir été amère

Évide écaille
fais des ronds, tourne en rond
dans l’eau de fleur dérangée
acéré le grain, torréfié, fendu par l’une ou l’autre de ces entrailles
la carapace ne convainc que l’affable attablé affamé assoiffé d’engeance
liquéfiée.

(mars 2016)
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La Souvenance

Ses bras étaient ouverts, la souvenance
tendus vers le ciel.
Il les tendit toujours plus haut
jusqu’à ce que ses jambes perdent pied.

La légèreté le soutenait.
L’air bruissait dans ses boucles,
les gouttes humectaient sa bouche
et rassasiaient sa gouvernance.

Soudain le souvenir lui pesait.
Ses pieds se rappelaient le gravier,
ses mains cherchaient la mousse,
il ressentait l’odeur de son enfance.