La jupe

Elle ouvrit, toujours souriante, la porte de l’entreprise, gravit les premières marches de l’escalier marbré, empoigna la rampe en pensant à l’amant qu’elle venait de ramener à la gare centrale, celui-là même qui lui faisait tourner la tête aussi bien que la jupe, qu’elle redressa et épousseta vivement une fois le premier étage atteint ; ce geste lui rappela la vigueur avec laquelle il l’avait prise dès son arrivée dans l’appartement et les deux jours essoufflant qui suivirent : la jupe de lin noir avait valsé, bifurqué, glissé et avait gît sur le sol des heures durant attendant ce matin-là pour être à nouveau considérée, enfilée et parvenir au bout du deuxième étage où l’heureuse propriétaire travaillait, encore et toujours à défroisser le tissu une fois arrivée devant la porte du bureau : et si, pensa-t-elle, cette plissure était finalement une traînée blanchâtre, souvenir matériel du week-end écoulé ?

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